Les Cadres

Georges Tron, Président de la fédération,

Jacques Lebigre, Secrétaire Départemental

Didier Banquy, Secrétaire Départemental Adjoint

Stephane Beaudet, Délégué de la 1ère circonscription

Ségolène Ruzié, Déléguée de la 3ème cirocnscription

Nathalie Kosciusko-Morizet, Déléguée de la 4ème cironscription, Secrétaire d'Etat chargée de l'écologie

Guy Malherbe, Député de la 4ème circonscription, Maire d'Epinay-sur-Orge

Frédéric Doussiet, Délégué de la 5ème circonscription

Véronique Carantois, Déléguée de la 6ème circonscription

Eric Mehlhorn, Délégué de la 7ème circonscription

François Durovray, Délégué de la 8ème circonscription

Anne-Marie de Bailliencourt, Déléguée de la 9ème cironcscription

Laurence Gaudin, Déléguée de la 10ème circonscription

Sophie Montrigot-Lavignon, Déléguée Nationale des Jeunes Populaires

Christian Kervazo, Responsable des Jeunes Populaires de l'Essonne

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UMP

Mardi 3 octobre 2006

Réunion des nouveaux adhérents UMP
Le 30 septembre 2006 – salle Gaveau - Paris


Mes amis,

Si vous avez décidé de rejoindre l'UMP, c'est certainement que votre attente est immense. Car vous n'êtes pas là pour applaudir ce qui a été fait hier. Vous êtes là pour ce qui doit être fait demain.

Vous le ressentez tous, le rendez-vous électoral de 2007 ne sera pas tout à fait comme les autres.

Il ne le sera pas, car le débat, pour la première fois depuis longtemps, portera moins sur l'ajustement de ce que l'on appelle le "modèle français", que sur le sens même de ce "modèle ". Deux élections ont eu cette caractéristique : celle de 1958 qui, par référendum, provoqua une nouvelle donne politique, économique et sociale ; et celle de 1981 qui se présenta comme un changement de société.

Le "modèle français" est-il encore pertinent pour affronter les défis du XXIème siècle ?

Certains le pensent et le disent. Un peu plus de dépenses publiques ici, quelques rustines par là, et tout pourrait continuer comme avant.
Je veux défendre les valeurs françaises, les idéaux français, la pensée française. Mais je ne veux pas trahir ces valeurs, ces idéaux, cette pensée en acceptant une réalité qui n'est pas à la hauteur de notre rêve.

Le "modèle français" est exténué, fissuré, dévitalisé. Il produit moins de richesses, il produit moins de justice, il ne produit plus d'espoirs. En disant cela, je ne cède ni au vertige du déclin car je suis contre la nostalgie, ni à l'amertume car je suis contre la fatalité.

En disant cela, je constate que la réalité n'est plus conforme aux valeurs qui ont inspiré ce modèle, des valeurs auxquelles je crois. Mon combat est de leur redonner du contenu, de la réalité.

Parce que je regarde notre pays tel qu'il est et non tel qu'on nous le présente, je veux que nous nous attaquions aux causes et non aux conséquences du malaise français !

Parce que j'écoute les Français tel qu'ils parlent et non ceux qui parlent à leur place, je veux briser les tabous derrière lesquels s'abritent ceux qui ne veulent rien changer !

Parce que j'entends l'appel de la France qui souffre, je veux remettre à l'endroit la hiérarchie des valeurs qui nous a conduit à confondre la liberté et la permissivité, l'égalité et l'égalitarisme, la fraternité et l'assistanat.

Voilà la révolution politique et culturelle qui fera de la France le pays de tous les possibles.

Possible de travailler plus pour gagner plus.
Possible de partir en bas de l'échelle pour se hisser au sommet. Possible de vivre dans une cité sans avoir la peur au ventre. Possible de s'appeler Khaled et d'être jugé sur ses seules compétences.
Possible de compter sur la protection d'un Etat efficace et juste.
Possible de transmettre à ses enfants les fruits d'une vie de labeur.

Voilà la France que nous voulons.

Pour être au rendez-vous de 2007, je vous invite à beaucoup de responsabilité et de gravité.

Responsabilité, parce que, contrairement à ce qui est dit ici ou là, rien n'est fait, rien n'est acquis. Depuis 20 ans le zapping électoral destitue toutes les majorités en place. Chaque matin, je pars du principe que tout reste à prouver et à entreprendre pour convaincre les Français.

Ce ne sont ni les sondages, ni les élites, qui feront l'élection, car notre peuple déteste qu'on lui force la main. Jusqu'au seuil de l'isoloir, les jeux ne seront donc pas faits.

Gravité car l'extrême droite et l'extrême gauche sont en embuscade. En la matière, les enquêtes d'opinions sont toujours en deçà de la réalité.

Soyons clairs, et je pèse ici mes mots : les conditions qui ont provoqué le 21 avril 2002 n'ont pas disparu comme par enchantement. Il existe dans le pays une colère sourde. Entre la tentation de l'abstention et celle du vote protestataire, notre défi est d'offrir une alternative politique audacieuse et crédible.

Cette alternative, il faut la faire monter en puissance.


Mes chers amis,

Il est de notre devoir d'engager la bataille des idées. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place.

C'est en parlant clair aujourd'hui, que nous pourrons gouverner clairement demain !

Sur les régimes spéciaux, François Fillon a eu raison de dire que la situation ne pouvait pas durer. La gauche s'est insurgée, ce qui a parfaitement permis aux français de juger de ses intentions en matière d'égalité des droits et devoirs. D'autres ont reproché à François sa franchise… Si la vérité n'est pas dite aujourd'hui, quand le sera-t-elle ? Un mois avant l'élection ? Une semaine avant ? En réalité, ceux qui font de la tactique avec la vérité sont souvent ceux qui font de l'esquive une stratégie et de l'immobilisme une ambition.

Tout le monde sait que pour sauver notre système de retraite par répartition il faudra faire des efforts. Chacun s'y prépare : les salariés du privé comme les fonctionnaires sont désormais appelés à cotiser plus longtemps. Dans ces conditions, qui peut dire qu'il est juste de maintenir les régimes spéciaux ? Qui peut dire qu'il est juste que certaines professions partent à la retraite avant toutes les autres, et au surplus avec des pensions souvent plus élevées ?

Ce qui est injuste mérite d'être dit à haute voix, et je vous confirme aujourd'hui que les régimes spéciaux devront être réformés au nom de l'équité. Ceci dit, ils devront l'être au terme d'une concertation véritable avec tous les partenaires sociaux – c'est un exercice de responsabilité collective que nous devrons conduire. Les syndicats ne sont pas nos adversaires. Ils seront des partenaires que nous respecterons, avec qui nous dialoguerons, que nous écouterons. Mais rien ne nous fera accepter l'injustice. Or, l'immobilisme est une injustice.

Sur la carte scolaire, vous aurez, là aussi, noté que les esprits ont bougé et que la parole s'est enfin libérée. Jusque là, il ne fallait rien dire. Il fallait vanter les mérites de la carte scolaire, l'outil indiscutable et incontournable de la mixité sociale !

Voici qu'aujourd'hui, on s'aperçoit que les obligations des uns (c'est à dire de tous ceux qui n'ont pas d'autres choix que de respecter cette carte scolaire) masque l'avantage des autres (c'est à dire de tous ceux qui trouvent des astuces dans l'intérêt de leurs enfants).

Une carte scolaire dans le public, pas de carte scolaire dans le privé, une carte scolaire pour ceux qui n'ont pas de relations, pas de carte scolaire pour ceux qui en ont. C'est injuste, je n'accepte pas l'injustice.

Voilà encore un tabou qui tombe et personne ne peut le regretter et notamment pas les familles des classes populaires pour qui la carte scolaire n'est rien d'autre que l'obligation de mettre son enfant dans le collège où personne ne souhaiterait y inscrire son enfant.

La gauche n'ose pas aborder ce sujet de front. Elle biaise, cherche à défendre un système qu'elle sait pourtant inéquitable.
Moi, je propose de réformer la carte scolaire. Je le propose au nom de la liberté, de la mixité et de la motivation scolaire des enfants issus des milieux les moins favorisés. Ce que je propose c'est l'excellence pour tous, grâce à une liberté pédagogique plus grande. La suppression de la carte scolaire pour moi n'est pas un préalable, c'est un aboutissement ; elle ne sera plus nécessaire car tous les établissements donneront un enseignement de qualité.

Autre sujet qui a fait son entrée dans le débat public, c'est celui de la justice. Oh le sujet est délicat ! Si délicat que personne n'osait affirmer une conviction, alors même que tous les Français sentent que les choses ne vont pas.

Je suis très attaché à l'indépendance de la justice, et dans ma vie publique je n'y ai jamais porté atteinte. Je suis avocat et je connais les difficultés de la tâche des magistrats. Je mesure le manque de moyens qui caractérise certains tribunaux. Je sais les doutes qui peuvent assaillir ceux qui sont chargés de dire le droit, sans doute l'une des tâches les plus exigeantes qui soit.

Je le dis avec force, les magistrats sont compétents, honnêtes, respectables, ils exercent leur métier dans des conditions difficiles. Une grande majorité d'entre eux travaillent consciencieusement. C’est le cas notamment du parquet du Bobigny auquel je veux rendre hommage pour son rôle pendant les violences urbaines. Mais ce n'est pas mettre en cause leur indépendance que de rappeler qu’ils jugent au nom du Peuple français, et qu’il faut savoir écouter davantage ce qu’il dit du fonctionnement judiciaire.

La justice n'est pas à l'abri de toute critique. Le pouvoir qui lui est conféré suppose, en parallèle, que la transparence, la contradiction et la responsabilité soient acceptées.

Vous connaissez l'histoire : suite au rapport du Préfet de Seine-Saint-Denis, je me suis rendu à Bobigny. J’écoute le Préfet, je fais le point avec les policiers, et je regarde les chiffres : sur les 186 mineurs interpellés durant les violences urbaines et alors que 93 étaient déjà connus par les services de police et que 85 avaient été déférés devant le tribunal, un seul a été écroué.

Partant de là, j’ose – quelle audace ! – affirmer qu’il y a un problème avec la réponse pénale dans ce département. Que n’avais-je pas dit ! Voilà qu’une partie du monde judiciaire se met en émoi, fait appel au Président de la République… Voilà que la gauche m'accuse d'atteinte à l'indépendance des juges. Au passage, lorsqu'un magistrat publie une tribune dans la presse pour faire part de ses désaccords avec mon action ministérielle, personne ne trouve rien à y redire…

Qu'importent au final les polémiques ! Ce qui compte, c'est que le débat a eu lieu malgré la pensée unique, malgré la gauche, malgré le conformisme et je crois qu’il y a désormais consensus pour dire que des dysfonctionnements existent en Seine-Saint-Denis, comme il en existe dans d'autres départements, notamment vis à vis des mineurs délinquants. Sur ce sujet, je ne céderai pas d'un pouce sur ce que je crois : l'impunité a fait des ravages dans l'esprit de certains jeunes. Cette impunité doit cesser.

Les exemples, j'en ai malheureusement un grand nombre.

Deux frères, dont je tais le nom, qui ont moins de 16 ans, sont interpellés en juin dernier pour violence à agent de la force publique et menaces d'atteintes aux personnes. Ayant fait l'objet respectivement de 15 et 8 procédures depuis décembre 2004, ils ont été remis en liberté.

Un jeune, de 17 ans, vivant à Saint Ouen, est interpellé le 3 juillet pour un vol à l'arraché caractérisé par une extrême violence à l'égard de sa victime, une commerçante. Ce jeune est connu pour une cinquantaine de faits similaires. Déféré, il a été remis en liberté afin d'être suivi par son éducateur.

Le 16 septembre, un jeune, 16 ans, est interpellé pour un vol à l'arraché au moyen d'un cutter. Il est formellement reconnu par sa victime et il a pour antécédent 10 autres faits, dont trois vols avec violence et cinq à la portière. Il a été déféré et remis en liberté.
Le 19 septembre, un adolescent de 16 ans est condamné à quatre mois de prison - avec sursis ! - pour des vols avec violence. Le lendemain, il est placé en garde à vue pour un vol de voiture. Connu pour 46 faits, dont 6 avec violence, il a été interpellé huit fois durant les huit derniers mois. Ce garçon a commencé ces infractions à l'âge de 13 ans.

Voilà la réalité ! Je ne veux mettre en cause personne. Je veux que cela cesse pour que les victimes n'aient pas le sentiment d'être bafouées par des délinquants certains de leur impunité.

Cette délinquance des mineurs légitime le projet de loi sur la prévention de la délinquance qui est débattu par le Parlement et qui prévoit notamment : 1° la présentation immédiate devant le juge ; 2° une palette élargie de sanctions ; 3° une responsabilité parentale accrue.

Les Français auront noté que la gauche n'est pas favorable à ce projet. L'angélisme est son droit. Il est bon que les électeurs puissent être juges des engagements des uns comme des autres.

Autre sujet, l'immigration. Voilà bien un thème qui méritait de figurer dans le débat public. Pendant des années, on l'a passé sous silence, on a jugé bon de ne pas s'interroger sur l'identité française et sur les résultats de l'intégration. On a vu le résultat…

Ici, trois camps s'affrontent et il nécessaire que les Français débattent et réfléchissent librement aux mérites et inconvénients de chacune des options.

D'un côté, il y a le Front National qui veut fermer les frontières et qui fait des immigrés les boucs émissaires de tous nos problèmes. Cette thèse est absurde, cruelle et en réalité anti-française car notre pays à besoin d'ouverture et de sang neuf.

De l'autre côté, il y a la gauche. Sur la forme, elle prétend vouloir, avec beaucoup de précautions de langage, une "immigration partagée". Sur le fond, elle va à Cachan et défend, le cœur sur la main, la régularisation de tous les sans papiers dont les enfants seraient inscrits à l'Ecole. Or, qu'a donné la régularisation massive de 1997, si ce n'est une explosion du nombre de sans-papiers attirés par cet appel d'air ?

Enfin, il y a l'UMP qui a voté et qui mettra en œuvre le principe d'une immigration choisie. Nous serons ouverts et généreux vis à vis de ceux que nous voulons accueillir. Nous serons sans concessions pour ceux qui ne respectent pas nos lois. En 4 ans, les reconduites à la frontière sont passées de 10.000 à 25.000. Ce chiffre illustre notre détermination.

Libre à la gauche de dénoncer notre fermeté, libre à elle de défendre une autre politique : ce que je veux, c'est que le clivage entre elle et nous soit clairement expliqué et compris par les Français, car l'importance du sujet le mérite.

Mes chers amis,

Je ne crains pas de dire que la question de la sécurité sera, elle aussi, au cœur du débat présidentiel et ce qui s'est passé aux Tarterêts nous y invite. Elle le sera parce que le combat contre la culture de la violence est une affaire de longue haleine. Elle le sera parce que je n'ai aucune gène à être attaqué par la gauche sur ce sujet.

Entre elle et nous, ce n'est ni la même philosophie, ni la même énergie, ni le même bilan.

Il faut se souvenir qu'en 2001, pour la première fois de son histoire, la France avait franchi le cap des 4 millions de faits de délinquance constatés. Depuis mai 2002, la délinquance recule dans notre pays. Les comparaisons sont claires et nettes : en 4 ans, de mai 2002 à avril 2006, elle a baissé de 8.8% ce qui représente plus de 1 000 000 de victimes épargnées.

De 1998 à 2002, durant les années Jospin, elle avait augmenté de 14.5%. Entre 2002 et 2006, la délinquance de voie publique a connu un mouvement de plus grande ampleur encore avec une baisse de 23.7% alors qu'elle avait progressé de 10.5% entre 1998 et 2002.

Quant à l'activité des services, elle est en progression. Tous les critères de performance de la police et de la gendarmerie sont en hausse. Le taux d'élucidation est ainsi passé de 24% en 2002 à 33% pour les 12 derniers mois.

Il reste un domaine sur lequel nous ne sommes pas suffisamment efficaces, c'est celui des violences aux personnes, même si pour l'essentiel ces violences ont un caractère non crapuleux, et même si elles ont lieu pour le plus grand nombre dans le cadre de la vie privée, qui bien sûr – et c'est heureux – n'est pas facilement accessible à la police. Nous y travaillons et je crois pouvoir dire que nous sommes en bonne voie.

Mesdames et messieurs,

Nous avons lancé la bataille des idées, mais en retour, je ne vois en face de moi, qu'une bataille de personnes.

Je suis devenu la cible, le vecteur, le tremplin de tous ceux qui n'ont rien à dire sur la France.

Les candidats socialistes se méprisent, se déchirent, n'ont aucune idée originale, mais ils ont trouvé leur point commun, leur bouée de sauvetage : haro sur Sarkozy !

L'UDF, à défaut d'être entendu, a trouvé son créneau pour subsister : être différent de Sarkozy !

L'extrême gauche est en miettes, mais elle a trouvé son bouc émissaire, Sarkozy !

Quant à Jean-Marie Le Pen, il n'y a, pour lui, qu'un homme à abattre : Sarkozy !

A moi tout seul je mettrais donc en cause l'indépendance de la justice, l'indépendance des médias, l'indépendance de la France même !

A l'évidence, je suis seul contre tous. Seul, mais avec des millions de Français à mes côtés ! Ce tir croisé ne m'impressionne pas. Je ne dévierai pas de ma route. Je continuerai à parler en votre nom, à refuser la polémique, à proposer sans crainte, à défendre des idées qui méritent d'être défendues.

Mais j'invite cependant mes concitoyens à s'interroger sur les raisons d'une telle communion dans l'agressivité.

Pourquoi ?

Parce qu'au fond tout ce petit monde ne supporte pas l'idée que je puisse incarner autre chose que la continuité et que je brise les clivages habituels d'un monde politique habitué à ronronner. Je veux la rupture avec la façon de faire de la politique, une transformation tout à la fois audacieuse et réaliste de notre pays. Cette rupture ne signifie en rien l'abandon des idéaux qui ont toujours guidé notre peuple. Elle a au contraire pour but de renouer avec eux, de leur rendre un contenu. C'est une rupture avec l'échec. Cette rupture, ils redoutent qu'elle bouscule l'échiquier politique avec ses postures habituelles et ses discours convenus.

Ce petit monde ne supporte pas l'idée que cette rupture puisse être politiquement inclassable.

Que je puisse faire de la justice et de l'équité l'un des moteurs du changement est insoutenable pour le parti socialiste.

Que je puisse faire de la sécurité et de l'immigration une priorité est inadmissible pour l'extrême droite.

Que je puisse m'adresser, dans un même élan, aux classes populaires et aux classes moyennes, est une hérésie pour tous ceux qui font de la division nationale l'une des données de la vie politique française.

Que je sois décidé à rétablir les valeurs du travail, du mérite, du civisme et de l'autorité, est un affront pour tous ceux qui ont ridiculisé pendant trente ans ces vertus.

Que je sois décidé à bousculer les tabous et les situations acquises est un danger pour tous ceux qui en profitent.

Et enfin, que ma voix puisse porter dans le pays et qu'elle puisse même être populaire, est odieux pour tous ceux qui n'ont pas ce privilège.

Ce front commun ne doit pas nous effaroucher. Bien au contraire ! Il est la preuve que nous gênons certains, que nous existons avec force pour beaucoup de français, et donc que notre démarche est juste.

Faire à nouveau de l’avenir une promesse, rendre l’espoir aux Français en leur donnant le sentiment que la vie – leur vie ! – vaut le coup d'être menée avec passion, courage et optimisme, voilà quel sera notre projet politique !

Dans tout ce que nous faisons ensemble et dans tout ce que nous réaliserons demain, il y a une part d'audace.

L'audace contre les conservatismes !
L'audace contre la peur de l'avenir !
L'audace contre la fatalité !
L'audace pour la justice !
L'audace pour être plus libre !

Voilà notre ambition pour France.
J'ai besoin de vous.
Merci de l'avoir si bien compris.

Voir la vidéo du discours

 

Par UMP91
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Mercredi 4 octobre 2006

"Société de la connaissance : la nouvelle frontière"

Suivez et participez en direct à la convention en cliquant ici

Par UMP91
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Jeudi 5 octobre 2006
Convention pour la France d'après
Société de la connaissance :
la nouvelle frontière
Paris – Maison de la Mutualité
mercredi 4 octobre 2006


Mes chers amis,

Face au processus de mondialisation qui caractérise et interpelle notre époque, l’éducation, la recherche, l’innovation sont des préoccupations fondamentales. On dit d’elles qu’elles sont les clés de notre compétitivité et de notre croissance future. J’en suis naturellement convaincu.

Mais ce que je voudrais commencer par relever ce soir, c’est que c’est d’abord l’épanouissement des hommes et des femmes de ce pays qui justifie que nous fassions de l’éducation et de la connaissance des priorités absolues de notre projet et de notre action future.

L’éducation, nous le savons, est l’instrument privilégié de l’égalité des chances, de l'émancipation des individus et de la formation des citoyens.

Je crois que la connaissance est un rempart nécessaire contre l’obscurantisme, les croyances fausses, les discours faciles. Elle n’est pas seulement un enjeu économique et social. Elle est un enjeu démocratique. Cette connaissance doit être au service de l’humain. Elle n’est pas un but en soi. Elle peut être profitable, mais elle ne doit pas être l’esclave du profit. Elle doit être encadrée par des normes éthiques. Elle doit veiller à rester pluridisciplinaire. Aux côtés de la formation et de la recherche scientifiques et techniques, les lettres, les arts, la philosophie, les sciences humaines doivent continuer à éclairer les consciences, à faire valoir ce qui est beau, à déterminer ce qui est bon, à préciser ce qui est juste. C’est une force historique de l’université et de la recherche françaises que d’avoir excellé dans l’ensemble de ces disciplines.

Je crois à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle comme des moyens de donner aux Français des emplois plus qualifiés, plus valorisants, moins pénibles et mieux rémunérés. Ce sont des leviers de promotion sociale, en même temps que d'amélioration du pouvoir d'achat sur le long terme.

Pour tous ceux qui n’ont pas pu faire d’études supérieures pendant leur jeunesse, je crois au droit et à l’espoir de les entreprendre à 30, 40 ou 50 ans. Créer une société de la deuxième chance est un projet juste, un projet enthousiasmant.

Je crois à la recherche et à l’innovation pour améliorer notre vie quotidienne, inventer les produits qui concilieront le bien-être et la préservation de l’environnement, permettre à la médecine de franchir de nouvelles frontières.

Les espoirs sont réels de faire prochainement des découvertes majeures dans le traitement du cancer, des pathologies neurodégénératives, des maladies orphelines. Les Américains, les Britanniques, certains pays d’Europe du Nord ont investi des sommes colossales dans la recherche biomédicale, qui leur permettent aujourd’hui d’envisager des perspectives prometteuses. Il faut que nous soyons prêts, nous aussi, à exploiter ces avancées.

Ce n’est pas au nom de la compétitivité de notre industrie pharmaceutique qu’il faut le faire, pas seulement en tout cas. C’est au nom du progrès de notre nation et du soulagement des familles. Parce que le cancer, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson sont des drames qui nous concernent tous.

Cela suppose des changements. Le mot « biotechnologies » ne figure même pas dans le projet du parti socialiste. Nous devons en faire une des priorités de notre effort de recherche. Les Etats-Unis leur consacrent la moitié du budget fédéral de la recherche. Le Royaume-Uni compte six fois plus de salariés que la France dans les entreprises de biotechnologie, dix fois plus de sociétés cotées. Il a eu neuf Prix Nobel de médecine depuis 1981, la France aucun.

Je crois enfin que les technologies de l’information et de la communication ont fait naître un « sixième continent », selon la forte expression de Jean-Claude Guillebaud, dont la particularité est d’être « hors-sol », « partout et nulle part à la fois ». C’est un continent d’opportunités et de risques, dont incontestablement nous n’avons pas encore pris la mesure. En permettant à chacun de tout savoir, de n’importe quel endroit où il se trouve, Internet a créé un campus universel, une intelligence collective d’une taille et d’une vitesse inédites.

Mais Internet, c’est aussi une information non triée, non vérifiée, non hiérarchisée qui circule. Le pire y côtoie le meilleur. Le patrimoine culturel de l’humanité y est accessible à tous, mais la propriété intellectuelle y est trop souvent bafouée. Internet entretient et amplifie la mémoire des crimes contre l’humanité, mais il laisse aussi circuler les mensonges négationnistes et la haine antisémite. Internet diffuse l’information sans restriction, mais les atteintes à la vie privée et à l’honneur y sont faciles et durables.

En matière de T.I.C., la France et l’Europe ne sont pas en déclin, mais elles sont en retard, très en retard.

En retard d’abord sur l’équipement. Malgré l'effort de rattrapage fait ces derniers mois, une trop grande partie de nos territoires reste à l’écart d’une vraie couverture en téléphone mobile, wifi et haut débit. L’Europe a libéralisé le secteur des télécommunications, mais elle n’a pas tenu les promesses du service universel obligatoire dont elle refuse d’actualiser le contenu en fonction de l’évolution des techniques. L’accès au téléphone mobile et au haut débit, demain au très haut débit, doit être reconnu comme une obligation de service public sur tout le territoire.

En retard sur les métiers et les filières. 50% de ceux qui travaillent dans le secteur des technologies de l’information et de la communication ont des qualifications qui n’ont pas de rapport avec ces techniques. Nous devons engager un effort important de formation en la matière, en nous appuyant sur une conférence annuelle des filières et des métiers de la société de l'information.

En retard sur le soutien et le financement de nos entreprises innovantes. Et pourtant, nous n’en manquons pas. Ce potentiel de créativité et de compétence, nous courrons le risque de le laisser fuir à l’étranger.

En retard enfin et surtout sur la compréhension des enjeux du développement des T.I.C. Au plus haut niveau de l’Etat et de l’Europe, nous manquons de capacités de réflexion et de réaction stratégiques sur les enjeux culturels, économiques, politiques et démocratiques du développement d’Internet et des techniques qui lui sont associées. Nous restons sans réaction, ou avec des réactions inadaptées, devant la domination sans partage d’Internet par les Américains. La question du rôle d'un moteur de recherche comme Google est, croyez-moi, plus importante que celle de savoir si je suis trop ou pas assez proche des Etats-Unis.

Ce « sixième continent » doit être un espace de liberté, de diffusion de l’information, de partage du savoir. Mais il doit être un continent civilisé. Je crois, vous le savez, que la politique a encore de grandes choses devant elle. Voilà précisément une nouvelle frontière politique pour notre temps. Voilà un domaine où l’Etat et l’Europe ont des impulsions à donner, des initiatives à encourager, des risques à maîtriser. Voilà un domaine où la vie démocratique peut rebondir : c’est aux citoyens d’inventer la société de l’information dans laquelle ils veulent vivre. Ce sont des enjeux sur lesquels les générations futures nous jugeront.

***

L’avènement de la société de la connaissance pose à notre pays deux questions principales, qui ont évidemment des liens, mais qui ne sont pas tout à fait les mêmes. La première porte sur la qualité et l’équité de notre système de formation ; la seconde sur le dynamisme de notre système de recherche et d’innovation dans une compétition mondiale d’intensité croissante.

Notre système d’enseignement supérieur donne-t-il à nos jeunes toutes les chances, et des chances égales, de s’insérer dans la vie ? La réponse est non.

Notre université n’a certes pas démérité. Elle accueille presque deux fois plus d’étudiants qu’en 1980 avec des moyens à peine supérieurs. Elle a un taux d’échec beaucoup trop élevé, mais on lui interdit de sélectionner les étudiants et elle subit le contrecoup d’un enseignement scolaire qui a réduit ses exigences. Elle dispense d’excellentes formations professionnalisantes et reste au meilleur niveau international pour l’enseignement des mathématiques, de la physique, de la biologie, de la médecine. La France est ainsi à égalité avec les Etats-Unis et la Russie au nombre de médailles Fields obtenues depuis 1982. C’est bien là d’ailleurs ce qui est désolant : nous formons d’excellents scientifiques, mais nous les laissons partir à l’étranger, à Londres dans les back office de la City, aux Etats-Unis dans les laboratoires de recherche.

Quant à nos grandes écoles, elles sont trop petites, insuffisamment portées sur la recherche, socialement monolithiques. Elles n’en apportent pas moins une contribution décisive à la formation des élites de ce pays. Elles sont d’ailleurs contre leur gré les instruments d’une formidable hypocrisie : celle d’un système éducatif à deux vitesses qui permet aux enfants favorisés d’obtenir rapidement un diplôme et un emploi tandis que d’autres, moins chanceux ou moins informés, sont abandonnés à leur sort dans des filières sans débouchés ou auxquelles ils n’ont pas été préparés.

Mais lorsque le chômage des jeunes atteint 25%, lorsque toute une jeunesse se sent fragile devant le monde du travail, lorsqu’on est obligé de multiplier les plans de formation, les contrats spéciaux, les dispositifs d’accès à l’emploi pour des milliers de jeunes désœuvrés, c’est qu’on n’a visiblement pas donné au service public de l’Education nationale les moyens de remplir sa mission.

Bien sûr, il faut faire de l’université une priorité budgétaire. L’université accueille 67% des étudiants, mais le budget par étudiant y est inférieur à celui d’un lycéen, près de trois fois plus faible que celui d’un étudiant suisse ou américain. Cet effort budgétaire permettra d’augmenter la rémunération des enseignants, de rénover les locaux, d’acquérir du matériel de recherche, d’encadrer les étudiants en difficulté. Je propose par conséquent que l'effort de la nation en faveur de l'enseignement supérieur augmente de 50% d'ici à 2012, soit une augmentation de 5 milliards d'euros.

Mais cet effort n’aura aucun effet s’il continue d’alimenter un système qui conduit 45% des étudiants à l’échec et tant de diplômés au chômage. Depuis 25 ans, la gauche mystifie le pays et ment à la jeunesse en leur faisant croire que la démocratisation de l’enseignement, c’est un maximum de jeunes faisant des études le plus longtemps possible. C’est une faiblesse politique coupable, car il est plus facile de créer l’illusion de la démocratisation en réduisant les exigences et en laissant des milliers d’étudiants s’engouffrer dans des filières sans issue, que de veiller à ce que chacun reçoive un enseignement de qualité, reconnu, lui permettant trouver un emploi.

Plutôt que d’orienter les étudiants vers des filières qui correspondent à leur aptitude et au besoin du monde du travail, notre système préfère sélectionner par l’échec après l'entrée et jusqu'à la sortie.

Car il n'y a que les naïfs ou les gens de mauvaise foi pour ne pas voir que la sélection est d'ores et déjà une donnée de notre système. Cette sélection, elle s'opère aujourd'hui dans les conditions les plus iniques et les moins acceptables qui soient. Alors je pose la question à tous ceux qui souhaitent que rien ne change dans ce domaine et qui confondent, sciemment ou non, l'égalité des chances qui intègre et promeut en pleine lumière avec l'égalitarisme, qui exclut dans l'opacité et le mensonge : comment peut-on tolérer une telle situation, qui devrait révolter tous ceux qui se disent soucieux de justice et qui proclament leur préoccupation pour l'avenir de notre jeunesse ?

Pour inverser cette tendance de fond, je crois d’abord nécessaire de renforcer les exigences de l’enseignement scolaire, parce que ce n’est rendre service ni aux élèves, ni à la société que d’envoyer à l’université des étudiants qui n’ont pas les bases requises pour y suivre avec profit une formation supérieure.

Il faut ensuite créer un service public de l’orientation, mieux informé, mieux connecté avec le monde du travail, plus personnalisé. Les élèves et les parents doivent disposer, établissement par établissement, d’une information transparente sur les débouchés réels des filières de l’enseignement supérieur et la qualité des enseignements. De leur côté, les universités doivent adresser à chaque élève ayant manifesté un intérêt pour une inscription, un avis sur ses chances de réussite dans cette filière. Il est de notre responsabilité que les étudiants qui visent une insertion professionnelle dans des emplois qualifiés ne se fourvoient pas dans des filières dont ils méconnaîtraient les débouchés réels.

Un socle commun de formation devrait être défini dans chaque filière. Outre les matières propres à la filière, il devrait comprendre des apprentissages fondamentaux, notamment dans le domaine des technologies de la communication et des langues vivantes. Une année ou un semestre propédeutique pourrait permettre aux étudiants les plus jeunes de compléter leur formation généraliste et de préciser leur choix d’orientation.

Enfin, l’Etat doit agir de manière responsable et mettre progressivement des limites au financement de filières sans débouchés qui entretiennent les étudiants dans l’illusion et les condamnent à un réveil brutal. Que des étudiants veuillent persister dans ces filières, c’est après tout leur droit. Mais ce n’est pas le rôle de la collectivité de le financer, encore moins de les y inciter.

Chaque bachelier doit avoir une place à l’université. C’est l’objet même du bac. Et c’est l’intérêt de notre pays. Il faut même que nous augmentions encore les capacités d'accueil de l'enseignement supérieur. Nous manquons d’étudiants dans les formations longues de l’enseignement supérieur (37% d’une classe d’âge contre les deux tiers aux Etats-Unis, plus de 70% dans les pays scandinaves), comme dans les formations courtes et plus professionnalisantes. Mais il doit s’agir de places où les chances de réussite et d’accès à l’emploi sont réelles.

J’ajoute qu'il y a une différence entre le fait de ne pas être en situation, quelles qu’en soient les raisons, de réussir telles ou telles études de son choix à la sortie du lycée, et être condamné à vie à ne jamais y parvenir. L’égalité des chances, ce n’est pas donner à tout le monde au même moment le droit d’échouer dans une formation trop difficile. C’est donner à chacun le droit d’y réussir au moment où il est prêt.

C'est le rôle des passerelles, que nous devons développer.

C'est aussi et bien sûr le rôle de la formation professionnelle. C’est pourquoi je souhaite, qu'avec les partenaires sociaux, nous révisions en profondeur l'organisation de la formation professionnelle. Aujourd’hui, elle bénéficie majoritairement à ceux qui sont déjà qualifiés et elle est notoirement insuffisante pour permettre à ceux qui ne le sont pas d’acquérir une qualification. C’est évidemment l’inverse qui devrait prévaloir. La création pour chaque Français d’un compte épargne-formation individuel crédité, par exemple, d’une durée de 20 années de formation, rechargeable au fur et à mesure de la vie professionnelle, permettrait à celui qui a cessé ses études à 18 ans d’utiliser plus tard tout ou partie de son crédit restant (pas moins de huit années dans ce cas de figure) pour acquérir une formation universitaire ou professionnelle. Il serait alors rémunéré ou bénéficierait d’un prêt.

***

Mais la vraie marge d’amélioration de notre système d’enseignement supérieur, c’est de libérer nos universités du carcan administratif, centralisé et inefficace qui pèse sur elles et qui les empêche de se transformer en établissements d’excellence universitaire offrant à nos étudiants les formations dont ils ont besoin dans la société du savoir.

Nos universités ont peu de moyens, des locaux indignes, peu de campus.

Elles devraient être au centre du système de recherche, elles en sont à la périphérie : d’une part, parce qu’une bonne partie de l’élite se dirige vers les grandes écoles, d’autre part, parce que notre effort de recherche est pour l’essentiel dirigé, piloté, structuré par nos grands organismes.

L’autonomie des universités est inscrite dans la loi depuis 1968, mais elle ne porte que sur une part très limitée de leurs moyens. Les universités ne sont libres ni de recruter leurs enseignants, ni de valoriser les plus méritants, ni de procéder à des choix pédagogiques, ni de disposer de leur patrimoine, ni de diversifier leurs recettes.

Enfin, la gouvernance des universités est complexe et donc inefficace. Les présidents ont peu de pouvoir et leur mode d’élection les fragilise avant même le début de leur mandat. Les conseils d’administration sont pléthoriques, ils ont des missions trop diverses, les principaux financeurs n'ont droit qu'à un strapontin, les personnalités extérieures sont rapidement dissuadées d’y participer. Quant aux différentes composantes des universités, notamment les unités de formation et de recherche, elles conservent une forte marge d’action, cultivant un certain irrédentisme qui n'est pas toujours un gage de cohérence et d'efficacité pour la stratégie d'ensemble des établissements.

Une première urgence est de rénover la gouvernance des universités. Le conseil d’administration des universités doit être plus resserré, il doit élire son président, et le mandat de celui-ci doit pouvoir être renouvelable afin d’inscrire son action dans la durée et bénéficier d’une certaine autorité. Les présidents d’université doivent être mieux aidés dans leurs tâches de gestion.

Il faut ensuite permettre à nos universités de se battre à armes égales avec les grandes écoles et dans la compétition internationale, en donnant à celles qui le souhaitent la possibilité de se doter d’une stratégie d’établissement. C’est une mesure juste pour les universités, qui méritent d'être aidées et encouragées à produire le meilleur. C’est une mesure juste pour nos étudiants, qui ont le droit de bénéficier des meilleures formations. C’est nécessaire pour rapprocher le niveau global de nos universités des standards internationaux.

La loi devra donc créer un statut d’autonomie réelle pour les universités volontaires. C'est d'ailleurs la tradition même des milieux universitaires. Celles-ci seront alors libres de créer ou de supprimer des postes ; elles pourront choisir leurs enseignants et leurs chercheurs permanents, parmi des candidats qualifiés à l’échelon national ; elles pourront les rémunérer comme elles le souhaitent et répartir plus souplement la charge d’enseignement entre les enseignants-chercheurs ; elles pourront gérer leur patrimoine immobilier pour augmenter leurs recettes ; elles pourront faire des choix pédagogiques, en lien avec leur environnement économique ; elles pourront se doter d’une politique de recherche en gérant seules les unités de recherche actuellement partagées avec le CNRS ou les autres organismes nationaux ; elles pourront fusionner avec d’autres universités ou organismes d’enseignement supérieur ; elles pourront investir dans la formation continue ; elles pourront se rapprocher de leurs homologues européennes et envisager des projets communs.

Naturellement, l’Etat conservera la mission de déterminer les diplômes nationaux et d’évaluer l’ensemble des universités. Au travers de sa politique de contractualisation, il veillera à la cohérence et à l’équité du fonctionnement d’ensemble du service public de l’enseignement supérieur.

***

L’allongement de la durée des études, l’enjeu stratégique que représente la formation des jeunes pour la nation toute entière, font de la condition étudiante un métier à part entière. Notre pays ne peut pas s’offrir le luxe de rémunérer ses étudiants. Il doit à tout le moins s’engager dans un effort massif d’amélioration de la vie étudiante.

30% des étudiants bénéficient d’une bourse. Il faut rendre leurs mécanismes d’attribution plus rapides, plus simples, créer le dossier unique et dématérialisé. Pour répondre à la demande d’autonomie des jeunes des classes moyennes, il faut créer des bourses au mérite à mesure que les études s’allongent. Il faut valoriser et encourager le travail étudiant qui est une conquête respectable d’autonomie en créant des emplois universitaires, par exemple dans les bibliothèques ou pour le tutorat des plus jeunes, en défiscalisant les revenus du travail étudiant et en ne tenant pas compte des revenus ainsi perçus dans le calcul des plafonds de ressources pour l’attribution des bourses et des aides au logement.

Il faut investir dans le logement étudiant, en créant des résidences dans les grandes villes et en incitant les bailleurs à louer leurs biens à des étudiants. Sur le long terme, il faut surtout que nous nous dotions de campus universitaires avec des logements pour les étudiants et leurs familles, les enseignants, les chercheurs, des installations sportives, des bibliothèques ouvertes au moins six jours sur sept, comme c’est le cas dans tous les grands pays du monde.

On dit que les campus sont à l’origine de 40% de ce qu’un étudiant apprend ou produit pendant son passage à l’université. C’est dire l’importance qu’il y a à ce que nous rattrapions notre retard. Une exigence d’autant plus grande que les campus sont indispensables pour attirer les meilleurs étudiants et les meilleurs chercheurs étrangers. A cet égard, l’aménagement du plateau de Saclay, qui concentre un potentiel académique, scientifique et technologique unique en Europe et peut-être même dans le monde, doit être une priorité et un chantier d’envergure nationale. Ce potentiel doit être organisé et valorisé, ce qui implique de créer les conditions matérielles et immatérielles pour donner à ce site l'identité, la visibilité et la convivialité qui lui font défaut. Ce doit être l'un des grands projets d'avenir du prochain quinquennat.

Les collectivités locales ont montré le dynamisme dont elles étaient capables pour améliorer rapidement la situation matérielle des collèges et des lycées. Je propose que nous réfléchissions à l’idée de donner aux régions la compétence de droit commun en matière d’amélioration de la condition étudiante. C’est une politique valorisante et attractive des talents. Parallèlement, les départements pourraient récupérer les lycées, ce qui améliorerait la cohérence des interventions des collectivités locales au niveau des établissements scolaires.

Il faut enfin permettre à beaucoup plus d’étudiants de participer au programme Erasmus. A cet égard, il faut prévoir d’élargir le champ d’attribution des bourses de mobilité aux enfants des classes moyennes.

***

Le second enjeu de la société de la connaissance, c’est de configurer notre système de recherche et notre potentiel d’innovation à la mesure des défis que nous lancent la mondialisation et la compétition croissante entre les intelligences nationales.

C’est un fait que notre recherche va mal. Le poids et l’impact de nos publications scientifiques se réduisent. Nous perdons du terrain dans le domaine des brevets, en particulier dans les secteurs stratégiques que sont les biotechnologies et les T.I.C. Nous subissons une hémorragie sans précédent de nos jeunes chercheurs : peut-être 15 à 20% chaque année, dont une majeure partie aux Etats-Unis.

Comment en serait-il autrement ? De 1995 à 2004, l'effort de recherche de notre pays s’est réduit quand tous les autres pays développés ou émergents suivaient la trajectoire opposée.

A la réduction des moyens, s’ajoutent les conditions de travail réservées à nos chercheurs : « Un monde d’individus sous-payés, mal évalués, où l’on est promu tard, même lorsque l’on est brillant tôt, où le sous financement chronique des laboratoires dispute la vedette à la rigidité de leur fonctionnement », pour reprendre les formules utilisées par quatre de nos chercheurs les plus brillants dans leur appel Du Nerf de mars 2004. On serait dissuadé à moins que ça.

D’ailleurs, comment prétendre que nous accordons une grande importance à l’éducation, à l’enseignement supérieur, à la recherche et au savoir, alors que nous récompensons si mal ceux qui se consacrent à ces activités ? Les salaires des professeurs d’université et des chercheurs en France, leur environnement de travail, ne sont pas à la hauteur d’un pays qui veut faire de la connaissance sa nouvelle frontière. Et ils le sont encore moins si on les compare avec ceux de leurs homologues étrangers. La sécurité de l’emploi ne compense rien en la matière, car à ce niveau d’expertise, ce n’est pas un problème.

A Bénabar qui disait récemment à la télévision : « Sarkozy, on voit bien qu’il est capable de créer une société où ceux qui ont envie de réussir pourront le faire. Mais ceux qui ont des difficultés, on ne voit pas ce qu’il peut faire pour eux », je réponds très simplement, et je veux avoir ce débat avec les Français : « la première chose qu’on peut et qu’on doit faire pour ceux qui ont des difficultés, c’est de faire revenir en France tous les facteurs de richesse qui en sont partis ». Je ne m’intéresse pas plus à ceux qui sont à Bruxelles avec leurs capitaux, qu’à ceux qui sont à Londres avec leur calculette, aux Etats-Unis avec leur cerveau, à Shanghai avec leur soif d’entreprendre. Je veux que tous ceux qui se sont expatriés pour réussir puissent revenir car nous avons besoin de tout le monde.

Je n’oppose pas les jeunes qui refusent les réformes en France aux jeunes qui partent tenter leur chance à l’étranger. Ce sont les mêmes. Ils ont les mêmes ambitions, les mêmes attentes, les mêmes envies. Ils refusent seulement, soit en partant, soit en manifestant, de subir seuls le poids des ajustements d’une société qui vit au-dessus de ses moyens depuis 25 ans.

Quand je vois que la fondation Bill et Melinda Gates dispose d’un budget annuel de 3 milliards de dollars, autant que celui de l’OMS et cinq fois celui de l’UNESCO, quand je vois que le Wellcome Trust, une ancienne entreprise pharmaceutique devenue fondation britannique, distribue 800 millions d’euros par an à la recherche biomédicale, c’est-à-dire presque un tiers de ce que la France consacre à cette discipline, je me dis que c’est un drame que la France ne sache pas garder ses investisseurs et encourager leur philanthropisme. Ce n’est pas seulement une question de fiscalité. Je ne suis même pas sûr que ce soit la question prédominante. C’est une question de confiance dans l’avenir du pays, de reconnaissance, de respect pour ceux qui ont pris des initiatives et qui ont eu des résultats.

Rétablir le pacte social, renouer les liens entre ceux qui ont beaucoup et ceux qui ont trop peu, c’est agir dans les deux directions. C’est tendre la main vers ceux qui ont besoin qu’on les aide et c’est le faire massivement. C’est aussi dire à ceux qui financent l’effort de solidarité ou qui créent nos richesses les plus précieuses que leur réussite est nécessaire, appréciée, respectée, reconnue.

***

Pour un responsable politique, la qualité de la recherche a ceci d’embêtant qu’elle ne se décrète pas. Elle se construit sur la durée avec l’espoir que les investissements consentis produiront des fruits sur le long terme. Il faut des années pour créer un bon système de recherche, quelques mois pour le dilapider.

Il n’en reste pas moins qu’il existe un certain nombre de conditions sans lesquelles il est illusoire d’attendre de grands bénéfices d’un système de recherche.

Il faut en particulier une recherche fondamentale de qualité exceptionnelle. Dans un environnement économique où l’essentiel de la rente est captée par celui qui trouve le premier, il n’y a pas de recherche privée, et moins encore d’innovations, s’il n’y a pas en amont une recherche fondamentale de haut niveau.

Cessons d'ailleurs d'opposer la recherche fondamentale à la recherche appliquée, la recherche publique à la recherche privée. C'est une posture idéologique qui ne résiste pas à l'analyse des faits. Toutes ces composantes de l'effort de recherche sont complémentaires et se confortent. Aucune ne peut espérer progresser sur l'affaiblissement de l'autre. Stanford et le MIT reçoivent des financements publics et des financements privés. Et le fait que ces deux établissements excellent dans la valorisation de la recherche ne les empêche aucunement de collectionner les Prix Nobel.

Comparée à la structure des dépenses de recherche dans les autres pays de l’OCDE, ce qui manque à la recherche française, ce sont d’abord des financements privés. Mais ceux-ci ne viennent pas s’ils ne sont pas attirés par une recherche fondamentale et académique d’envergure. Depuis une dizaine d’années, nous avons perdu par exemple beaucoup de laboratoires de recherche dans le domaine pharmaceutique, qui ont préféré se rapprocher des pôles de recherche fondamentale créés aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Le nombre de chercheurs publics par habitant est élevé en France. Mais la qualité de leurs travaux est affaiblie par notre organisation. Notre recherche est dispersée : une bonne partie des étudiants est dans les grandes écoles, les enseignants dans les universités, les chercheurs dans les grands organismes. Or, en la matière plus qu’en d’autres, il n’est de richesse que d’hommes. L’absence d’universités autonomes dotées d’une identité forte, mêlant l’enseignement et la recherche au plus niveau, facilitant la circulation des hommes et des idées, dissuadent beaucoup de nos esprits les plus brillants soit de s’engager dans la recherche, soit de rester en France. La reconduction d’année en année des structures existantes prévaut sur la mise en concurrence des équipes, qui est pourtant la clé indispensable et admise par tous d’un fonctionnement efficace d’un système de recherche. Enfin, et pour les mêmes raisons, l’Etat n’a pas réellement la possibilité de concentrer nos efforts de recherche sur des priorités nationales. Il affiche des intentions, les nanotechnologies, les biotechnologies, les T.I.C., mais en réalité il n’a guère de moyens de diriger les fonds publics en priorité sur ces secteurs car il est d’abord tenu de financer des structures rigides. En 10 ans, la répartition des moyens et des effectifs entre les laboratoires scientifiques du CNRS n’a quasiment pas bougé. L’Agence nationale de la recherche, qui vient d’être créée et qui fonctionne sur le modèle d’une agence de moyens, est à cet égard un progrès. Mais elle ne dispose que de 6% du budget civil de la recherche publique et n’a pas de marges de manœuvre sur l’affectation des personnels.

Nos grands organismes de recherche ont rendu de grands services dans le passé et continuent de le faire. Mais c’est un fait que leurs forces d’hier sont devenues des faiblesses. « Réformer n’est pas annuler le passé », c’est lui permettre d’évoluer pour continuer à viser le meilleur.

A défaut de 2010, devenu inatteignable, il faut prévoir de porter notre effort de recherche et de développement à 3% du PIB d’ici 2012, soit 15 milliards d’euros supplémentaires dont 4 pour la puissance publique. Mais là encore ces moyens seront par construction toujours insuffisants, s'ils irriguent un système qui continue de pécher par ses faiblesses structurelles. C’est donc à une véritable transformation de l’organisation de notre système de recherche qu’il faut désormais procéder.

Celle-ci doit reposer sur quatre piliers :

- la création de campus de recherche de niveau mondial autour de nos universités et de nos grandes écoles déjà en pointe sur le sujet. Ces campus seraient les noyaux durs d’un renouveau de la recherche fondamentale française, les artisans d’un nouvel enthousiasme, des incubateurs de nouveaux talents, des pôles d’attraction pour les chercheurs étrangers et les entreprises innovantes ;

- la transformation, au moins partielle, de nos grands organismes de recherche en agences de moyens, chargées de financer des projets sur des bases pluriannuelles en fonction de priorités nationales, et non pas des structures en fonction d’organigrammes hérités du passé ;

- la pratique de l’évaluation, notamment internationale, qui est la seule manière de garantir la liberté indispensable à la recherche tout en stimulant les équipes ;

- enfin la réforme de l’emploi scientifique public. Non pas sa disparition, ni même sa limitation, parce qu’il est une force de notre recherche, mais un fonctionnement nettement amélioré : revalorisation des bourses et des salaires pour les post-doctorants et les jeunes chercheurs ; promotion au mérite ; titularisation et octroi de responsabilités, même jeune, quand on a fait ses preuves ; possibilité de le faire dans le cadre d’un contrat stable et digne de jeune chercheur, d’une durée de trois à cinq ans, quand on doit encore les apporter. Il est d’autant plus nécessaire de retenir nos jeunes qu’à l’hémorragie provoquée par le départ de trop de chercheurs à l’étranger vont s’ajouter les départs à la retraite.

Ces réformes structurelles sont au surplus indispensables si nous voulons que nos équipes participent à cette Europe de la recherche qu’il faut impérativement mettre en place pour mutualiser nos moyens sur les projets les plus stratégiques.

Parallèlement, il faut améliorer la valorisation économique de notre recherche académique et fondamentale. Où sont les Cisco, Yahoo !, Google, Microsoft… issus de nos établissements de pointe, de l’Ecole polytechnique, de l’Université Pierre et Marie Curie ou du CNRS ?

Quant à nos PME, elles doivent être davantage impliquées dans nos grands programmes de recherche. Il faut leur permettre de grandir plus vite, soit en augmentant significativement les seuils d’application des dispositifs qui leur sont destinés, soit en suspendant à titre expérimental les seuils pendant une durée de deux ans. Une partie des commandes publiques et des fonds publics de recherche devrait leur être attribuée en priorité.


Mes chers amis, notre université et notre recherche ont subi des chocs sans précédent au cours des dernières années : le conflit entre le monde de la recherche et le gouvernement en 2003 et 2004, le classement de l’université Jiao Tong de Shanghai qui a provoqué la stupeur et la consternation dans les milieux universitaires, le refus du CPE par les jeunes. Tous ces événements ne sont pas seulement des crises, des souvenirs désagréables à oublier, des révélateurs de contraintes qui nous forceraient à changer.

Ils sont des occasions, des chances que nos universités et notre recherche ont su saisir pour nous convaincre de les aider à relever le défi de la société de la connaissance. La France n’a jamais changé sous la contrainte. Elle a changé sous l’impulsion d’un nouvel espoir. Elle a changé quand elle percevait les contours de nouvelles perspectives. Elle a changé quand elle s’est donnée des ambitions.

Si nous n’avons pas d’ambition pour notre système d’enseignement supérieur et de recherche, ne comptons pas sur les autres pour en avoir à notre place.

Notre ambition est forte. Je veux la résumer en quatre points :

- donner à chaque jeune une formation supérieure conduisant à un emploi :
- augmenter le niveau général de qualification de la population parce que c’est la chance de nos enfants et la clé de notre croissance future ;
- donner de l’autonomie à nos universités pour permettre à celles qui le veulent de faire valoir leurs talents dans la compétition mondiale des systèmes d’enseignement et de recherche ;
- mettre notre système de recherche au plus haut niveau international.

Au travers de cette grande ambition, je le dis avec beaucoup de gravité, c'est tout simplement le destin de notre nation et de chacun d'entre nous qui est en jeu. C'est un défi immense dont dépendent le rang et le rayonnement de notre pays dans le monde, de même que notre capacité à renouer avec une croissance forte et durable, donc à préserver le niveau de bien-être et de civilisation que nous avons atteint. Je sais que la France et les Français ont les ressources et les talents pour le relever. Leur en donner les moyens sera, soyez en persuadés, un axe central de notre projet politique.

Par UMP91
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Mardi 10 octobre 2006

Hollande : "Mais qu'est ce que c'est que tout ça ?"

DSK : "Tous les magazines où Ségolène apparait...C'est à dire tout sauf la presse politique"

 

Par UMP91
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Jeudi 12 octobre 2006

 

Jeudi 12 octobre, le président de l'UMP tiendra une réunion publique à Périgueux au cours de laquelle il prononcera un discours sur Notre République que vous pourrez suivre en direct, à partir de 18h30, sur www.u-m-p.org.

 


Par UMP91
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